• Et si on mangeait moins de viande ?

    ...ou pourquoi un végétarien utilisant un 4X4 peut produire moins de CO2 qu'un bon mangeur de viande à vélo....

    Le Belge consomme en moyenne 100kg de viande par an, soit environ 270g par jour. Même si cette consommation se situe dans la moyenne européenne, elle n'en demeure pas moins élevée (en Belgique, on recommande une consommation de maximum 75 à 100g de viande par jour). Et ceci n'est pas sans conséquences pour l'environnement et pour la santé.

    Viande et environnement

    La surconsommation de viande nécessite beaucoup de ressources : il faut 10 kg d'orge ou de blé pour produire un kilo de viande. Et il faut cinq fois plus d'eau pour produire des protéines de bœuf que des protéines de soja.

    Manger beaucoup de viande engendre une agriculture intensive car il faut produire d'importantes quantités de végétaux pour nourrir les animaux. A titre d'exemple, en France, l'essentiel de la culture céréalière sert à nourrir des animaux. Cette agriculture consomme directement ou indirectement de l'énergie fossile (pour la fabrication des engrais et pesticides et pour les machines agricoles) et engendre donc des émissions de CO2. Au niveau du réchauffement climatique, la production d'un kilo de bœuf engendre près de 80 fois plus de gaz à effet de serre (GES) qu'un kilo de blé et représente l'équivalent de 70 km en voiture ! La production de viande émet en outre d'autres gaz à effet de serre : en se décomposant, les engrais azotés émettent du protoxyde d'azote, 300 fois plus "réchauffant" que le CO2, et par ailleurs les ruminants émettent du méthane, un gaz 23 fois plus "réchauffant" que le CO2, à cause de la fermentation des plantes dans leur système digestif. Le bœuf et le porc sont surtout sources d'émissions de méthane, le mouton de protoxyde d'azote et la volaille de CO2. Le niveau d'émission est très haut pour le bœuf et le mouton et faible pour le porc et la volaille.

     

    viandeVoiture 

     

    En 2000, les émissions attribuées à la consommation de viande atteignaient environ 7,1 millions de tonnes d'équivalent CO2. Or les habitudes de consommation peuvent avoir un impact significatif sur les émissions indirectes. Une réduction de consommation de bœuf de 10% compensée par une augmentation de la consommation de volaille (afin de maintenir la consommation totale inchangée) pourrait réduire les émissions totales de gaz à effet de serre d'environ 0,9 millions de tonnes d'équivalent CO2. Si en plus on le remplace plutôt par des protéines végétales, le score s'améliore encore ! Songeons encore à ceci : l'agriculture que l'on appelle traditionnelle, et qui est en fait intensive, n'a que cinquante ans. Avant, tout était "bio" (dans le sens pas d'utilisation d'engrais chimiques ou de pesticides) ! Et la consommation était bien moindre...

     

     view

    Viande et santé

    Une alimentation saine, équilibrée et diversifiée constitue la clé de notre santé. Elle doit être adaptée à nos besoins et à notre métabolisme. Or, notre panier alimentaire est, en général, trop unilatéralement constitué d'hydrates de carbones (sucres), de graisses et de viande. La consommation régulière de viande, importante dans nos pays riches, est un phénomène récent. Mais nous en consommons trop et cet excès déséquilibre le régime alimentaire. Excès de protéines, excès de lipides, et particulièrement d'acides gras saturés, sources du fameux "mauvais cholestérol" : tout cela contribue aux risques d'ennuis cardio-vasculaires, d'obésité, de rhumatismes...

    D'autre part, plusieurs études ont montré qu'un rapport existe entre la consommation d'une grande quantité de viande rouge et l'augmentation du nombre de cancers du gros intestin. Une alimentation équilibrée peut non seulement prévenir les risques de cancer de l'estomac et des intestins, mais également diminuer les risques d'autres formes de cancer telles que le cancer du sein, du poumon, de la prostate et de l'utérus.

    Que faire ?

    Il s'agit de trouver la bonne combinaison. C'est-à-dire davantage de fruits et légumes, moins de viande et de graisses animales et surtout une nourriture variée. Non seulement on varie ainsi les plaisirs, mais on s'assure également un apport suffisant en substances protectrices contenues dans les différents aliments. Voici quelques conseils bien utiles pour réduire notre impact sur l'environnement et préserver notre santé :

    - Diminuons notre consommation de viande.
    Pour un adulte, il est recommandé de consommer 100 g de viande trois à quatre fois par semaine. Et n'abusons pas de la charcuterie : très riche en graisses, elle joue un grand rôle dans l'excès de cholestérol qui cause tant de maladies cardiovasculaires. De plus, elle fait la part belle aux additifs (colorants et conservateurs).

    -Varions les sources de protéines.
    La consommation de protéines animales est nécessaire mais l'abus de viande peut nuire à la santé. En alternant viandes rouges et blanches, poissons, oeufs, fromages et protéines végétales (soja, pois chiches, lentilles...), on peut varier sa ration quotidienne de protéines en limitant les risques de priver l'organisme d'un constituant essentiel. Les protéines végétales comme les lentilles, le soja, les céréales ont l'avantage d'être en grande partie composés d'acides gras insaturés, c'est-à-dire de fournir le bon cholestérol, celui qui protège nos artères.

    - Consommons plus de fruits et légumes.
    Les fruits et légumes constituent la base d'une alimentation saine. Ils stimulent le transit intestinal et contiennent un grand nombre de substances protectrices. Leur effet bénéfique est dû à plusieurs substances et surtout à leur combinaison à l'état naturel : les vitamines, les sels minéraux, les fibres alimentaires et les autres substances végétales.

    - Préférons les produits locaux, de saison et issus d'une agriculture respectueuse de l'environnement.
    Les produits locaux et de saison réduisent le recours aux transports aériens et routiers. De plus, les produits frais contiennent généralement moins de conservateurs chimiques que les produits parcourant de longues distances. 1kg d'agneau de Nouvelle-Zélande acheminé par avion a demandé 4 à 5 fois plus d'énergie qu'un agneau élevé localement. Un fruit importé hors saison par avion consomme pour son transport 10 à 20 fois plus de pétrole que le même fruit produit localement et acheté en saison. D'autre part, la viande biologique est peut-être plus chère mais si nous limitons notre consommation de viande, la dépense finale sera moindre, avec un bénéfice évident pour notre palais et notre santé. Consommons moins mais mieux !

    En outre, remplacer une fois par semaine la viande du repas par des protéines végétales permet de réduire son empreinte écologique de 1000 m² par an (pour en savoir plus sur l'empreinte écologique et calculer la vôtre : www.ibgebim.be).

    Globalement, on peut donc dire que manger moins de viande permet :

    - de diminuer les émissions de gaz à effet de serre

    -de cultiver autre chose et de nourrir ainsi plus de personnes avec une même surface

    - d'être en meilleure santé (moins de risque de cancer, d'obésité...)

    En savoir plus

    - "La consommation de viande bovine dans le monde et dans l'Union européenne : évolutions récentes et perspectives ", Vincent Chatellier, Hervé Guyomard, Katell Le Bris, INRA, 2003

    - "Réduction des émissions de gaz à effet de serre et flux de matières" - Intitut Wallon - Vito - Institut pour un Développement Durable, 2001

    - "Guide écologique de la famille", Claire Le Bouar, Marie-France Belotti, Patricia Ravet, éd. Sang de la terre, Paris, 1999.

    - www.manicore.com : facteurs d'émissions de CO2

    - www.cancer.be : lien entre viande rouge et cancer

    - www.wwf.be : viande et empreinte écologique

    - A découvrir également : http://www.ecoconso.be/  

    - A tout ces facteurs écologiques et sanitaires, il faut rajouter l'atroce et permanente souffrance animale engendrée par notre voracité criminelle, inhumaine, compulsive et polluante.  

    earthlings

    Earthling, signifie un habitant de la terre. C'est le titre d'un très beau film documentaire, narré par Joachim Phoenix (Gladiator). Le film est un plaidoyer pour tous les habitants de la planète, y compris les animaux, il dénonce leur exploitation ainsi que les abus de notre société de consommation moderne.

      -> ATTENTION les images que vous allez voir ne sont pas des cas isolés et certaines scènes peuvent heurter le spectateur sensible. Ce sont les standards industriels pour les animaux élevés pour la compagnie, la nourriture, l'habillement, le divertissement, la recheche. C'est inhumain et pourtant c'est une réalité que nous avons construite et sur laquelle nous devons aujourd'hui ouvrir les yeux et agir :

    Voir le film "Earthling"http://video.google.fr/videoplay?docid=4093730216074063220

    "Du point de vue du Dharma, tous les vivants sont considérés comme égaux. Nous autres, êtres humains, sommes en mesure de nous passer de viande. En tant qu'être humain, je pense que notre nature profonde nous porte au végétarisme, ainsi qu'à faire tout notre possible pour éviter de nuire aux autres espèces ."

    Le Dalaï Lama

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Dala%C3%AF-lama

     

    Arc-en-ciel'ment vôtre

    Natalia & Romano


  • Commentaires

    1
    anais
    Dimanche 4 Octobre 2009 à 17:06
    le vegetarisme
    tout ca est vrai mais je me suis toujours demander de ce qu il en etait des poissons,je suis vegetarienne(en tout cas je mange le moins possible de viande);bien sur c est deja meilleur pour la santee,peut etre meme pour la planete et meme si je mange du poison je me suis toujours dit que les animaux n etaient pas là pour etre tues et puis manges.Je mange du poisson pour la simple raison que je trouve ca bon mais surtout qu il contient des proteïnes mais n est ce pas aussi mauvais que de manger de la viande?
    2
    Mercredi 25 Août 2010 à 18:44
    Développement durable
    Et ...
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